lundi 18 octobre 2010, par Sens dessus dessous asbl
Comment va le monde ? Apparemment, pas très bien si on accepte de comprendre que plus ou moins vingt pourcent de la population mondiale possède et utilise quatre-vingt pourcent des ressources disponibles, si on veut bien admettre que la pollution émise par les activités humaines dépasse de loin la capacité de régénération de la planète.
Prendre acte des problèmes liés à la pollution, à la non-répartition des richesses, au pillage de la planète à des fins consuméristes et aux implications politiques de tous ces problèmes constitue un devoir pour chaque citoyen.
Seulement voilà, l’Humanité est guidée par deux principes philosophiques majeurs :
Expliquez à l’« employé du mois » que son zèle trahit un manque de conscience libertaire, que son travail ne profite qu’à son patron dont les bénéfices ne profitent qu’à un banquier. Demandez-lui de faire la grève, il vous parlera de prêts à rembourser, du crédit de la voiture qui permet d’aller travailler pour rembourser le crédit de la voiture et des études des enfants qui ne doivent pas rater l’ascenseur social.
Dites à un marchand d’armes que la violence engendre la violence et vous verrez son visage s’illuminer d’un sourire radieux car c’est exactement ce qui l’enrichit et rend son commerce pérenne. Expliquez-lui que son commerce est néfaste, il vous rétorquera que ce n’est pas lui qui a commencé. Demandez-lui de changer de métier, il répondra que s’il ne vend plus d’armes, quelqu’un d’autre le fera.
Dites à un banquier que le capital ne crée pas de capital et que seul le travail crée du capital, il vous aiguillera vers une banque cubaine ou transnistroise (voir Transnistrie ). Car la logique capitaliste des banques ne peut s’encombrer de considérations communistes ou dérivées. Le monde de la finance a créé un gouffre abyssal entre l’économie réelle et les capitaux en circulation, on ne sait plus qui a commencé mais de toute façon, si on essaie d’arrêter, quelqu’un d’autre prendra le relais.
Voilà la spirale amorcée, la magnifique machine à tourner en rond et à polluer. A l’instar d’un grand prix de formule 1 où une bande d’automobilistes hyper-performants tournent en rond le plus vite possible en dégageant des tonnes de CO2, l’humanité est emballée dans une série de compétitions : course à l’armement, aux étoiles, à la richesse, aux ressources, aux territoires, au pouvoir etc.
Sortir de cette spirale ? Bien sûr, c’est possible, par exemple, en empruntant la voie de l’escargot, en explorant les idées de la décroissance. Pour sortir de l’immobilisme actuel, il faut admettre que l’impulsion ne viendra pas d’en haut mais des initiatives citoyennes individuelles ou collectives.
Regardez comment la décroissance est entrée à l’assemblée nationale française dans un discours prononcé par Yves Cochet en octobre 2008, sous les huées des "représentants du peuple", dans une ambiance digne des cours d’école.

Ce que les marchands d’armes apprennent à nos enfants : « Mais si on ne le frappe pas et qu’on ne lui rackette pas son argent, alors quelqu’un d’autre le fera ! »
[1] Les fortunes des 200 personnes les plus riches sont plus importantes que les revenus de 41% de la population mondiale. Une contribution annuelle de 1% de leur richesse, équivalente à 8 milliards $ pourrait assurer un accès universel à l’éducation primaire pour tous. (www.learningpartnership.org/)